Tu ouvres tes volets et t'aperçois que le rosier a encore fleuri.
Il fait 23°C dans la chambre, tu as bien dormi.
Tu vas déjeuner, tu sors le beurre et le grille-pain.
Tu te laves les dents et prends un bain.
Tu t'habilles, ce en fonction de ton humeur.
En veillant à ce que tu plaises, quitte à ne pas te plaire.
Tu prends un manteau car l'air dehors y est frais.
Le midi, pour aller manger tu as 300 mètres à faire.
Tu prends ta voiture, mais tu pourrais y aller à pied.
Tu regardes un mec fouiller tes poubelles.
Tu te dis qu'il devrait trouver un taff.
Le soir, tu retrouves tes enfants et ton conjoint.
L'Homme est un animal mais tu ne t'en souviens point.
Tu te plains parce que ton conjoint prends toute la couverture,
Pendant que d'autres cherchent un lit pour dormir.
Tu te plains de l'avoir connu, de les avoir connus, tu les mets tous dans le même panier,
Tout en sachant que l'amour est éphémère et hasardeux, tu te bourres de préjugés.
Tu te plains d'avoir froid, pendant que d'autres en sont déjà morts.
Tu te plains de n'avoir pas mangé ce matin, car tu n'as plus de beurre,
Alors que d'autres donneraient tout pour avoir ton congélateur.
Tu te plains de maux de dents, bien que tu saches que nos anciens ont des dentiers.
Tu te plains parce que les clodos ne bossent pas,
Alors que leur boulot c'est de récupérer la bonne bouffe que tu gaspilles.
Tu souffles devant un bouton de veste décousu, un jean déchiré, des chaussures démodées,
Mais tu ne sais pas combien je donnerai pour les redonner.
... Nous vivons dans un pays riche, où l'ignorance reste notre seule devise.



